Un fournisseur de cloud récent, qui refuse de tout miser sur NVIDIA, vient de réaliser un tour de table précoce de grande ampleur. General Compute a annoncé le 27 octobre avoir levé 100 millions de dollars en série A, une opération codirigée par Blackbird et Abstract, à laquelle se sont joints Fuse Venture Partners, Village Global et une longue liste d'autres fonds et investisseurs individuels. D'après TechCrunch, la valorisation post-money atteint 800 millions de dollars, contre 60 millions après un tour d'amorçage en mai.

L'entreprise se présente comme un cloud d'inférence hétérogène. Elle achète des baies d'accélérateurs, les installe dans des centres de données en colocation, gère l'énergie, le refroidissement, le réseau et le logiciel, puis vend le tout sous forme de serveurs dédiés ou d'un contrat de niveau de service garantissant un nombre de tokens par seconde. Son site décrit une architecture scindée : les GPU assurent le prefill, l'étape de lecture de la requête, tandis que les ASIC de Cerebras, SambaNova, Positron AI et d-Matrix prennent en charge le décodage, c'est-à-dire la rédaction de la réponse. Les clients n'ont ni à acheter ni à exploiter ce matériel.

La montée en puissance reste à venir. Le communiqué précise que les premiers grands déploiements entreront en service au premier trimestre 2027 et que plus de 50 mégawatts de capacité sont en préparation ; le site de la société évoque, lui, plus de 30 mégawatts. Le directeur général, Finn Puklowski, a confié à TechCrunch qu'il comptait déployer 75 mégawatts en 2027 et pourrait accéder à près de 200 mégawatts d'électricité, davantage, selon lui, que ce que l'entreprise pourra sans doute financer et équiper.

Le financement est au cœur du modèle. General Compute indique avoir récemment obtenu auprès d'Upper90 une ligne de dette pouvant atteindre 400 millions de dollars pour financer son expansion. TechCrunch décrit de son côté un accord de 400 millions lié à l'achat de nouvelles puces SambaNova, présenté comme le premier financement par la dette de puces d'inférence. Les deux versions désignent peut-être la même opération sous deux angles, mais les documents publics ne disent pas comment elles s'articulent. TechCrunch rapporte aussi qu'un contrat avec un gros client, d'une valeur de 100 millions de dollars de revenus récurrents annuels, a ouvert la voie à la levée ; le communiqué n'en fait pas mention.

Le moment est délicat pour le secteur. TechCrunch rappelle que l'action CoreWeave est tombée à son plus bas niveau depuis 12 mois et qu'Elon Musk a prédit une hécatombe parmi les petits clouds de GPU. Puklowski juge ces craintes d'effondrement exagérées, assure que la demande pour n'importe quelle puce disponible reste forte et estime que le dossier d'introduction en Bourse d'Anthropic a rassuré les investisseurs, du moins pour l'instant. James Palmer, de Blackbird, a expliqué que la conviction de son fonds tenait en partie à sa participation dans Baseten, spécialiste de l'inférence, et à la demande pour les modèles à poids ouverts.

Les fabricants de puces ont tout intérêt à voir émerger ce genre d'acteurs. Cerebras, SambaNova et Positron ont chacun fourni une déclaration de soutien pour l'annonce, et tous ont besoin de partenaires capables de financer, d'héberger et d'exploiter leurs systèmes à grande échelle. La stratégie consistant à louer de l'espace dans des installations existantes et à reconvertir d'anciens sites de minage de bitcoin, telle que la décrit TechCrunch, évite les délais de construction de grands campus mais bride aussi le rythme de croissance.

Plusieurs chiffres restent des affirmations de l'entreprise. Le communiqué promet des résultats jusqu'à 20 fois plus rapides dans un passage et jusqu'à 40 fois plus rapides que les GPU dans son sous-titre, sans test publié à l'appui. La valorisation, le contrat de 100 millions et l'objectif de 75 mégawatts proviennent des informations et entretiens de TechCrunch, pas du communiqué. Puklowski a d'ailleurs reconnu auprès de TechCrunch que lever de nouvelles dettes et de nouveaux capitaux resterait un travail à plein temps, preuve que le matériel doit encore être financé avant que la capacité n'existe.

Références