Anthropic signe de nouvelles conditions tarifaires avec Washington. Le 27 octobre, l'entreprise et la General Services Administration (GSA), l'agence qui négocie les achats pour le compte des administrations fédérales, ont annoncé l'élargissement de leur accord OneGov autour de Claude. Les clients publics paient désormais 40 % de moins pour l'usage de Claude Enterprise, de Claude for Government et de l'API Claude, et l'offre ne se limite plus aux agences fédérales : elle s'étend aux États, aux collectivités locales, aux gouvernements tribaux et aux territoires.

La mécanique compte autant que l'ampleur de la baisse. Selon Anthropic, c'est la première fois que sa remise pour le secteur public couvre tous les canaux d'accès à ses produits : les achats directs en profitent dès maintenant, et ceux qui passent par les fournisseurs de cloud suivront dans les prochains mois. La GSA décrit un modèle à la consommation, sans commande minimale, où chaque administration ne règle que les tokens réellement utilisés. Les commandes peuvent transiter par le Multiple Award Schedule de la GSA, par des revendeurs ou par les grandes plateformes cloud.

Ce dispositif succède à une offre promotionnelle sur le point d'expirer. Dans l'accord OneGov précédent, les agences fédérales accédaient aux déclinaisons entreprise et gouvernement de Claude pour 1 dollar par utilisateur, une formule qui prend fin le 31 octobre, selon Nextgov/FCW et FedScoop. Anthropic emboîte ainsi le pas à OpenAI, dont l'accord OneGov facturé au token, assorti d'une remise de 50 % sur 27 mois, est entré en vigueur début octobre, d'après Nextgov.

Anthropic chiffre l'économie attendue à environ un milliard de dollars, sans détailler son calcul. L'entreprise avance aussi des chiffres d'adoption que personne n'a vérifiés de manière indépendante : quelque 500 organismes publics américains utiliseraient Claude, les utilisateurs actifs hebdomadaires de Claude for Government auraient été multipliés par huit depuis février, et l'usage dans les agences civiles fédérales aurait progressé d'environ 20 fois en un an. Parmi les cas cités figurent un pilote dans l'Utah, où 34 développeurs issus de 10 agences de l'État ont testé Claude Code pendant quatre semaines, et une équipe fédérale de sécurité qui aurait utilisé Claude Mythos pour repérer et corriger une faille grave qu'un test d'intrusion mené par des humains avait manquée un mois plus tôt. Anthropic annonce en outre un programme d'accompagnement au déploiement pour les administrations dans les semaines à venir.

Les habilitations de sécurité forment l'autre volet de l'argumentaire. Claude for Government, disponible depuis le 30 septembre, fonctionne au niveau FedRAMP High, indique Anthropic. Sur Amazon Bedrock, Claude dispose de l'autorisation FedRAMP High, certains modèles étant validés pour les charges IL4 et IL5 du département de la Défense dans AWS GovCloud ; sur Vertex AI, chez Google Cloud, il détient aussi FedRAMP High. Claude Enterprise vise encore l'autorisation FedRAMP Moderate dans le cadre du programme FedRAMP 20x.

Le calendrier retient l'attention, car Anthropic reste engagée dans un contentieux avec le Pentagone, comme l'a rappelé FedScoop, alors que ses relations avec les agences civiles semblent solides. Selon la GSA, OneGov a permis plus de 1,8 milliard de dollars d'économies depuis son lancement, dont environ 1,6 milliard grâce aux accords sur l'IA. L'offre actuelle de Google pour Gemini, à 0,47 dollar par agence, court jusqu'au 15 novembre, et ses conditions de renouvellement restent inconnues, rapporte FedScoop.

La facturation à l'usage comporte toutefois un risque. Des analystes de Gartner et de Forrester, cités par FedScoop, préviennent que le paiement au token rend les dépenses difficiles à anticiper, puisqu'une poignée d'utilisateurs intensifs peut peser lourd dans la facture. Les administrations qui passent d'un siège à 1 dollar à un paiement à la consommation pourraient voir leurs coûts grimper avec l'adoption, et le milliard d'économies reste une projection d'Anthropic, pas un résultat audité.

Références