NVIDIA et Oracle ont profité d'Oracle AI World, le 27 octobre, pour rendre disponible sur Oracle Cloud Infrastructure le matériel de centre de données le plus récent de NVIDIA. D'après les deux groupes, les systèmes Vera Rubin NVL72 à l'échelle de la baie et les processeurs NVIDIA Vera peuvent désormais être commandés sur OCI, et Oracle compte étendre ses Superclusters Vera Rubin jusqu'à plusieurs gigawatts pour suivre la demande en entraînement, en inférence et en agents.

Côté GPU, le schéma est connu. Chaque baie NVL72 relie 72 GPU par NVLink, et les Superclusters d'OCI assemblent les baies grâce au réseau Acceleron d'Oracle, bâti sur l'Ethernet NVIDIA Spectrum-X avec des commutateurs Spectrum-6 et des DPU BlueField-4, dans des campus qui atteignent selon Oracle une puissance de l'ordre du gigawatt. Oracle reprend les chiffres de NVIDIA, selon lesquels Vera Rubin offre jusqu'à 30 fois plus de débit d'inférence par watt et quatre fois plus de performances d'entraînement que Blackwell ; ce sont des données du constructeur. L'extension s'ajoute aux systèmes GB200 et GB300 déjà exploités par OCI.

Le volet processeur est le plus original. Vera est la première puce centrale entièrement conçue par NVIDIA, avec 88 cœurs Olympus et jusqu'à 1,2 To/s de bande passante mémoire par puce, et Oracle se présente comme le premier hyperscaler à la proposer. Les instances d'OCI associent deux puces Vera, soit 176 cœurs, 1 To de mémoire LPDDR5X, 7,68 To de stockage NVMe local et un réseau de 200 Gbit/s, en bare metal ou en machines virtuelles flexibles. Oracle évoque un premier déploiement de 150 000 processeurs Vera dans ses régions, même si son blog produit précise que les instances arrivent dans certaines régions au cours du trimestre.

L'argument en faveur de Vera tient aux agents plus qu'au calcul des modèles. Un agent passe une grande partie de son temps à lancer des outils, tester du code et récupérer des données entre deux appels au modèle, et des processeurs lents laissent dormir des GPU coûteux. Les clients peuvent dimensionner séparément CPU et GPU via OCI Kubernetes Engine, et Acceleron apporte une isolation matérielle pour exécuter du code non fiable écrit par des modèles. OpenAI est cité comme client précoce de Vera : son responsable du calcul affirme que l'entreprise met Vera en production sur OCI pour ses bacs à sable d'agents, en forte croissance.

Oracle prépare également HGX Rubin NVL8, un serveur x86 doté de huit GPU Rubin reliés par NVLink, de deux processeurs Intel Xeon 6 à 64 cœurs, de 4 To de DDR5 et d'un réseau RDMA à 6,4 Tbit/s, destiné aux clients qui veulent Rubin dans un format plus compact et compatible avec leurs logiciels x86. Aucune date n'a été donnée pour cette configuration ni pour l'extension à plusieurs gigawatts.

Le communiqué rappelle qu'OpenAI a utilisé un Supercluster d'OCI à Abilene, au Texas, équipé de plus de 100 000 GPU Blackwell, pour entraîner et servir GPT-6 Astra, et un responsable technique d'OpenAI estime que Vera Rubin sur OCI l'aidera à suivre la croissance des modèles. L'annonce est tombée le jour où Oracle et Google ont indiqué que les TPU de Google arriveraient sur OCI en 2027, signe de la volonté d'Oracle de proposer plusieurs familles d'accélérateurs. Début octobre, Google Cloud avait présenté ses propres instances Vera Rubin NVL72, et Modal avait annoncé faire tourner ses bacs à sable d'agents sur des processeurs Vera.

Plusieurs points restent flous. Aucune des deux entreprises n'a dit combien de baies Vera Rubin fonctionnent aujourd'hui, à quel rythme OCI atteindra plusieurs gigawatts ni combien coûtent les nouvelles instances. Les gains de performances sont des chiffres de NVIDIA, et les propos attribués à OpenAI proviennent de citations fournies dans le communiqué, non d'un travail journalistique indépendant.

Références